L'essentiel en deux minutes
Tout part d'une idée simple : l'air chaud monte, l'air froid coule vers le bas. Le jour, le soleil chauffe les pentes, qui chauffent l'air à leur contact ; cet air plus léger remonte la pente : c'est la brise de pente montante. La nuit, les pentes se refroidissent, l'air à leur contact devient lourd et coule vers le fond comme un sirop : c'est la brise descendante. Elle remplit le fond des vallées d'un lac d'air froid.
À plus grande échelle, la vallée entière respire. L'après-midi, l'air de la vallée est plus chaud que celui de la plaine voisine : il « aspire » l'air de la plaine, et un vent remonte la vallée vers l'amont. C'est la brise de vallée, couramment 10 à 20 km/h, parfois plus de 30 dans les grandes vallées. La nuit, le mouvement s'inverse : la brise de montagne descend la vallée vers la plaine.
Ces deux brises suivent une horloge. Le matin, les pentes basculent les premières, dès que le soleil les touche ; la vallée suit deux ou trois heures plus tard. Le soir, la renverse part des pentes à l'ombre puis gagne toute la vallée. Chaque versant a donc son heure : l'est le matin, le sud à midi, l'ouest l'après-midi.
Là où deux brises se rencontrent — sur une crête entre deux vallées, à la confluence de deux vallées, au bord d'un lac — l'air n'a plus qu'une issue : monter. Ces convergences font les meilleures ascendances et les premiers cumulus. Enfin, le vent météo se superpose aux brises : faible, il les laisse faire ; fort, il les efface ; contraire, il crée des cisaillements.
Pour le pilote : décoller quand la brise de pente est établie sur sa face, et prévoir l'atterrissage dans la brise de vallée de l'après-midi. Pour le randonneur : le vent qui se lève vers midi et les nuages qui s'accrochent aux crêtes en début d'après-midi sont la respiration normale de la montagne — pas forcément un changement de temps.
La suite
Le chapitre entier est ouvert aux lecteurs inscrits, gratuitement : votre prénom, votre nom et votre adresse e-mail suffisent, ni mot de passe, ni paiement. Au sommaire :
- 7.1Une respiration en vingt-quatre heures
- 7.2Les brises de pente
- 7.3La brise de vallée et la brise de montagne
- 7.4Chaque versant a son heure
- 7.5Confluences et convergences
- 7.6Brises de lac et de mer
- 7.7Atterrir dans la brise de vallée
- 7.8Quand le vent météo s'en mêle
- 7.9Le soir : renverse et vents catabatiques
- 7.10Une journée de brise, du déco au sentier
- Exercices
- Ordres de grandeur à retenir
Lexique du chapitre#
- Brise de pente montante (anabatique)
- Vent faible qui remonte une pente chauffée par le soleil. Alimente les thermiques et les cumulus au-dessus des crêtes.
- Brise descendante (catabatique)
- Écoulement d'air refroidi au contact d'une pente, vers le bas. Le soir et la nuit, ou en permanence au-dessus d'un glacier.
- Lac d'air froid
- Accumulation d'air froid au fond d'une vallée ou d'une cuvette, coiffée d'une inversion. Brouillards et gelées s'y forment.
- Brise de vallée
- Vent qui remonte la vallée vers l'amont le jour, parce que l'air de la vallée chauffe plus que celui de la plaine.
- Brise de montagne (brise d'aval)
- Vent qui descend la vallée vers l'aval la nuit.
- Renverse
- Inversion du sens d'une brise, le matin ou le soir, souvent précédée d'un calme et accompagnée de vents changeants.
- Convergence
- Rencontre de deux flux d'air qui, ne pouvant s'accumuler, montent. Ligne d'ascendance et de cumulus.
- Brise de lac (de mer)
- Vent qui souffle de l'eau, plus fraîche, vers la rive, l'après-midi. Air stable au-dessus de l'eau.
- Front de brise
- Limite entre l'air frais d'une brise de lac ou de mer et l'air plus chaud de l'intérieur ; ligne de convergence.
- Vent de glacier
- Vent catabatique qui descend un glacier en permanence, même au soleil, et débouche froid au front de la langue.
- Heure solaire
- Heure réglée sur la position du soleil (midi solaire = soleil au plus haut). En été dans les Alpes du Sud, heure légale ≈ heure solaire + 1 h 30.