Aller au texte

Prélude · Avant la physique, le regard

Prélude

Reconnaître les nuages

Avant d'ouvrir un modèle, une carte ou un émagramme, levez la tête. Le ciel du matin dit presque tout de la journée à qui sait le lire : ce prélude est un atlas, pour apprendre les visages des nuages comme on apprend ceux d'un village.

25 min de lecture · 13 figures · 4 illustrations animées

L'essentiel en deux minutes

Un nuage raconte deux choses : où il vit (bas, moyen ou haut — c'est le préfixe de son nom) et comment vit l'air qui l'a fabriqué. En boule, en chou-fleur, en galets : l'air monte par paquets, il est instable. En nappe ou en voile : l'air a été soulevé lentement et en bloc, il est stable. Ajoutez « nimbo- » ou « -nimbus » et il pleut. Avec ces trois clés — étage, forme, pluie — vous nommez déjà les dix genres de nuages.

Pour le pilote comme pour le marcheur, quatre nuages valent plus que tous les autres. Le cumulus, d'abord : sa base plate marque le sommet des thermiques, sa forme mesure l'énergie de la journée. S'il grandit plus vite qu'il ne s'élargit avant midi, l'orage est en route. L'altocumulus à tourelles (castellanus), ensuite : vu le matin, il annonce un après-midi orageux. Les lenticulaires, ces lentilles immobiles malgré le vent : il souffle fort en altitude, la montagne fabrique des ondes et des rotors. Le voile de cirrus qui épaissit depuis l'ouest, enfin : une perturbation arrive, la fenêtre se ferme dans un jour ou deux.

Le reste est affaire d'œil et d'habitude : dater un nuage (naît-il ou meurt-il ?), repérer ceux que fabrique le relief, et surtout regarder le ciel évoluer au fil de la matinée, parce qu'une photo ne dit rien et qu'un film dit tout.

P.1Trois clés pour nommer dix nuages#

La classification internationale des nuages tient sur un coin de table. On croise deux questions — à quelle hauteur vit le nuage, et quelle forme a-t-il ? — et on ajoute un drapeau pour la pluie. Le résultat tient en dix genres, qui couvrent tout ce que vous verrez au-dessus d'un décollage ou d'un col (fig. P.1).

Coupe verticale de 0 à 13 kilomètres. À gauche, un cumulonimbus s'élève de 1,3 km jusqu'à la tropopause vers 11,5 km et s'étale en enclume ; de la pluie tombe sous sa base. Dans l'étage bas, sous 2 km : cumulus, stratus en nappe près du sol et stratocumulus en rangée de galets. Dans l'étage moyen, de 2 à 7 km : altocumulus en galets vers 3,5 km et altostratus en nappe vers 4,5 km ; à droite, un nimbostratus gris occupe toute la hauteur de 1 à 5 km et donne de la pluie. Dans l'étage haut, de 5 à 13 km : cirrocumulus en petits grains vers 7,5 km, cirrus en filaments vers 9,5 km et cirrostratus en voile vers 8 km. Des accolades à droite indiquent les trois étages, le moyen et le haut se chevauchant entre 5 et 7 km.
Fig. P.1 — Les dix genres à leur étage, aux latitudes moyennes. Deux nuages débordent de leur case : le nimbostratus, qui occupe souvent tout l'étage moyen et descend presque au sol, et le cumulonimbus, qui naît en bas et finit écrasé contre la tropopause.

Première clé : l'étage

Le préfixe donne l'altitude. Cirro- : étage haut, entre 5 et 13 km environ, là où il fait si froid (−30 à −60 °C) que le nuage est fait de cristaux de glace — d'où son aspect fibreux, soyeux, jamais net. Alto- : étage moyen, entre 2 et 7 km, gouttelettes surfondues et glace mêlées. Pas de préfixe : étage bas, sous 2 km, gouttelettes d'eau. Les limites se chevauchent et descendent l'hiver ; ce sont des repères, pas des frontières.

Un piège pour le montagnard : ces altitudes se comptent au-dessus de la mer. Un stratocumulus « bas » à 1 800 m noie les crêtes des Préalpes ; un altocumulus « moyen » à 3 500 m frôle les sommets des Écrins. En montagne, l'étage bas est souvent notre étage.

Deuxième clé : la forme

La forme trahit la manière dont l'air a été soulevé — donc sa stabilité, la grande affaire du chapitre 1. Un nuage cumuliforme (en tas, en boules, en galets) naît de paquets d'air qui montent chacun pour leur compte : l'air est instable, il y a de la convection, donc des ascendances et de la turbulence. Un nuage stratiforme (en nappe, en voile) naît d'une couche entière soulevée lentement et en bloc, par exemple sur une surface frontale : l'air est stable, il glisse sans se retourner.

Troisième clé : la pluie

Nimbus, en latin, c'est le nuage de pluie. Deux genres seulement portent ce drapeau : le nimbostratus, la grande nappe grise des pluies continues, et le cumulonimbus, le nuage d'orage. Les autres peuvent laisser tomber quelques gouttes ou des traînées qui s'évaporent en route, mais ce ne sont pas des producteurs de pluie.

Tableau à deux colonnes et quatre lignes. Colonnes : en nappe ou en voile, air soulevé en bloc et stable ; en tas ou en galets, air qui monte par paquets. Lignes : étage haut avec cirrus et cirrostratus d'un côté, cirrocumulus de l'autre ; étage moyen avec altostratus et altocumulus ; étage bas avec stratus d'un côté, stratocumulus et cumulus de l'autre ; ligne « il pleut » avec nimbostratus et cumulonimbus. Chaque case montre une petite silhouette du nuage.
Fig. P.2 — La clé de lecture. Le cirrus, fait de filaments de glace, est rangé avec les voiles : il en a la douceur et ne trahit pas de convection notable. Le cumulus se range avec les nuages en tas de l'étage bas, même quand il grandit au-delà.

Au-delà du genre, les météorologues précisent l'espèce (humilis, congestus, castellanus, lenticularis…) et des particularités (virga, pileus, mamma, arcus…). Inutile de tout retenir. Ce prélude ne garde que les noms qui changent une décision.

P.2L'étage haut : les messagers#

Les nuages de glace ne donnent jamais de pluie et ne gênent ni le vol ni la marche. Leur intérêt est ailleurs : ils voyagent loin devant les perturbations, portés par les vents forts d'altitude, et arrivent souvent un jour avant le mauvais temps.

Le cirrus se présente en filaments blancs, en mèches, parfois en virgules recourbées (les « queues de chat »). Isolés et immobiles dans un ciel bleu, ils ne disent rien. S'ils envahissent le ciel depuis l'ouest, s'allongent et se densifient au fil des heures, ils sont l'avant-garde d'un front chaud (chapitre 4) : le front est attendu dans 24 à 36 heures, parfois moins, et la pluie le précède souvent de quelques heures.

Le cirrostratus est un voile laiteux, si fin que le soleil reste net et que les ombres restent marquées. Son signe distinctif est le halo : un anneau lumineux d'environ 22° de rayon autour du soleil ou de la lune, dessiné par les cristaux de glace. Un halo qui apparaît après une matinée de cirrus confirme l'approche du front.

Le cirrocumulus forme de minuscules grains blancs, sans ombre, disposés en rides ou en écailles : le « ciel pommelé » des dictons. Il est rare et éphémère ; il signale un peu d'instabilité en très haute altitude, sans conséquence directe pour nous.

En vol

Un voile de cirrus qui épaissit coupe une partie du rayonnement solaire : le sol chauffe moins, les thermiques faiblissent et la journée peut « s'éteindre » plus tôt que prévu, même sans un seul nuage bas. Au déco, un ciel qui blanchit depuis l'ouest est une raison de voler tôt et de ne pas compter sur la fin d'après-midi.

P.3L'étage moyen : les avertisseurs#

L'altostratus est une nappe grise ou bleutée qui couvre le ciel. Le soleil y apparaît comme « derrière un verre dépoli », pâle, sans halo, et les ombres au sol disparaissent. C'est la suite logique du cirrostratus quand le front chaud approche : la pluie est à quelques heures. Pour le vol thermique, la journée est finie avant d'avoir commencé.

Le nimbostratus, c'est l'altostratus qui a épaissi jusqu'à toucher presque le sol : une masse grise, sombre, sans forme, d'où tombe une pluie (ou une neige) continue pendant des heures. En montagne, sa base noie les crêtes, souvent sous 1 500 m, et des lambeaux bas (fractus) traînent dans les vallées. Ni vol, ni course d'arête ce jour-là.

L'altocumulus forme des bancs de galets ou de rouleaux gris et blancs, avec des parties ombrées : on distingue chaque élément, nettement plus gros qu'un grain de cirrocumulus (à bras tendu, la largeur d'un à trois doigts). Seul et plat, il ne dit pas grand-chose. C'est une de ses variétés qui compte.

L'altocumulus castellanus porte des tourelles qui bourgeonnent au sommet des galets, comme des créneaux de château (fig. P.3). Sa cousine, l'altocumulus floccus, ressemble à des flocons de coton effilochés d'où pendent souvent des traînées. Les deux disent la même chose : l'air est déjà instable vers 3 000 à 5 000 m, avant même que le soleil ait chauffé le sol. Dès que la convection partie d'en bas rejoindra cette couche, les cumulus pourront grimper sans frein.

Deux panneaux côte à côte, même paysage de montagne au lever du soleil, à 8 heures. À gauche, un banc d'altocumulus en galets plats, avec la mention « air calme en altitude » et « 8 h : rien à signaler ». À droite, le même banc dont les galets portent des tourelles bourgeonnantes, avec la mention « tourelles : l'altitude est déjà instable » et « 8 h : orage probable l'après-midi ».
Fig. P.3 — Deux ciels du matin presque identiques, deux journées opposées. Les tourelles du castellanus montrent que l'instabilité est déjà là en altitude : c'est le signal d'alerte le plus fiable qu'offre le ciel avant 10 h.

En vol

Castellanus ou floccus au-dessus du déco le matin : volez tôt, restez près des atterrissages, posez avant que les premiers cumulus ne bourgeonnent franchement — en été, souvent dès 13 h. Ce n'est pas le jour du grand cross.

Réflexe rando

Même ciel, même conclusion : départ à la frontale, sommet le matin, crêtes et arêtes quittées avant midi. Le castellanus est la meilleure raison qui soit de mettre le réveil une heure plus tôt.

P.4L'étage bas : stratus et stratocumulus#

Le stratus est une nappe grise et uniforme, à base très basse, parfois au ras du sol : c'est un brouillard qui ne touche plus terre. Il naît d'air humide et stable, refroidi par le bas pendant la nuit ou soulevé doucement contre une pente. Il donne au plus de la bruine. Il occupe souvent le fond des vallées au petit matin, surtout après une journée de pluie, et se dissipe quand le soleil le grignote, souvent entre 9 h et midi.

Le stratocumulus forme une nappe faite de gros galets ou de rouleaux gris soudés les uns aux autres, avec des trouées. Il a deux origines qui comptent pour nous. Il peut être le reste d'une nuit humide, qui se fragmente en cumulus quand le sol chauffe. Ou il peut être l'inverse : des cumulus qui, bloqués sous une inversion, s'étalent les uns contre les autres jusqu'à fermer le ciel (fig. P.4). Le ciel passe alors en quelques dizaines de minutes de « beaux cumulus » à « gris uniforme ».

Deux panneaux avec le même relief. À gauche, 11 h : deux cumulus séparés, chacun au-dessus d'un sommet avec une flèche orange d'ascendance, le soleil brille ; légende « sol au soleil : les thermiques tirent ». À droite, 15 h : une ligne rouge en tirets marque l'inversion ; juste dessous, une rangée continue de galets nuageux (stratocumulus) ; le relief est bordé d'une bande sombre figurant l'ombre ; légende « sol à l'ombre : les thermiques s'éteignent ».
Fig. P.4 — L'étalement. Sous une inversion et dans un air humide, les cumulus ne peuvent plus monter : ils s'élargissent, se soudent et coupent le soleil. Le moteur des thermiques s'arrête, la journée s'éteint en pleine heure chaude.

En vol

Un ciel qui « se ferme » par le dessus est une mauvaise nouvelle pour qui est loin de l'atterrissage : les thermiques mollissent partout en même temps. Repérez les zones encore au soleil et dirigez-vous vers elles, ou rentrez. Sous un stratocumulus épais, l'air est souvent calme et le vol redevient un plané.

P.5Le cumulus, notre nuage#

Le cumulus est le nuage du vol libre. Sa base est plate parce qu'elle marque l'altitude exacte où l'air qui monte atteint la saturation : le niveau de condensation, que le chapitre 1 permet de calculer à 100 m près. Son sommet bourgeonnant montre que l'air continue de monter à l'intérieur. Chaque cumulus est la partie visible d'un thermique.

Quatre stades, du plus sage au plus dangereux

Les espèces du cumulus mesurent son développement vertical, donc l'énergie de la journée (fig. P.5).

Humilis : plat, plus large que haut. La couche convective est mince ou coiffée par une inversion proche. Thermiques souvent faibles et un plafond bas, mais un ciel sans danger.

Mediocris : à peu près aussi haut que large, sommet bourgeonnant modéré. C'est la belle journée thermique classique.

Congestus : nettement plus haut que large, en tour, sommet en chou-fleur aux contours très nets. Les ascendances sont fortes et profondes ; les averses deviennent possibles. Un congestus avant midi est un signal à prendre au sérieux.

Cumulonimbus : la tour atteint l'étage où l'eau gèle. Son sommet perd ses contours nets, devient lisse puis fibreux (calvus), puis s'étale en enclume de glace (capillatus). C'est l'orage, avec ses rafales, sa foudre et sa grêle.

Cinq nuages alignés sur une même base horizontale, au-dessus du sol. De gauche à droite : un humilis plat et large, un mediocris aussi haut que large, un congestus en tour avec un sommet en chou-fleur, un cumulonimbus calvus en tour plus haute au sommet lisse et arrondi, un cumulonimbus capillatus surmonté d'une enclume plate et fibreuse, avec de la pluie sous la base. Une flèche rouge en haut indique « du plus sage au plus dangereux ».
Fig. P.5 — Même base, hauteurs très différentes : c'est l'épaisseur qui fait le danger. Le passage du congestus au cumulonimbus se voit au sommet, qui perd ses bourgeonnements nets en se changeant en glace.

Dater un cumulus

Un cumulus de beau temps vit en moyenne un quart d'heure à une demi-heure. Savoir dire, de loin, s'il naît ou s'il meurt vaut plus que connaître tous ses noms latins (fig. P.6).

Le cumulus qui naît a des contours nets et durs, une base sombre, parfois légèrement creusée vers le haut : il est alimenté, l'air qui monte est dessous. Celui qui vit grossit, s'élargit, et son ascendance continue, plus large et plus irrégulière. Celui qui meurt a des bords effilochés, une base floue qui disparaît, des lambeaux qui se détachent : il n'est plus alimenté, rien ne monte dessous, et l'air qui l'entourait redescend parfois.

Trois panneaux. Un : petit cumulus aux contours nets, base sombre et creuse, une flèche orange d'ascendance monte du sol jusqu'à sa base, un parapente spirale dessous. Deux : cumulus plus gros, base nette, ascendance qui continue. Trois : cumulus aux contours en pointillés, lambeaux détachés autour, pas de base, deux flèches bleues en tirets descendent vers le sol.
Fig. P.6 — Naissance, vie et mort d'un cumulus. Le pilote vise le premier : contours durs, base sombre. Le troisième ne donne plus rien, et l'on y trouve souvent de la descendance.

En vol

Visez le nuage qui se forme, pas celui qui est beau : quand vous arriverez sous un cumulus magnifique, il aura peut-être fini sa vie. Les meilleurs indices sont un nuage tout neuf, de petits lambeaux qui apparaissent et s'épaississent sous vos yeux, une base sombre et nette. Pensez aussi à la dérive : par vent faible ou modéré, le thermique se trouve rarement à la verticale du nuage, mais un peu plus au vent et plus bas sur le relief.

Rues de nuages

Quand le vent est assez soutenu et de direction constante sur toute l'épaisseur de la couche convective, les cumulus s'alignent en longues rues parallèles au vent (fig. P.7). Sous chaque rue, l'ascendance est presque continue ; entre deux rues, l'air redescend. L'écart entre deux rues vaut à peu près deux à trois fois l'épaisseur de la couche où naissent les thermiques.

Vue de dessus. Des flèches noires à gauche indiquent un vent d'ouest. Trois rangées horizontales de cumulus s'étirent dans le sens du vent. Entre les rangées, deux bandes en tirets bleus portent la mention « descendances entre les rues ». Une ligne rouge en tirets suit la rangée centrale de bout en bout. Une double flèche à droite mesure l'écart entre deux rues.
Fig. P.7 — Rues de nuages vues d'en haut. Le pilote qui file sous une rue monte en ligne droite, sans spiraler ; celui qui la quitte pour traverser vers la voisine traverse une bande de descendance.

Trois détails qui comptent

Le pileus est un petit capuchon lisse, en forme de lentille, posé juste au-dessus d'une tour bourgeonnante. Il naît quand la tour soulève si vite la couche d'air qui la surmonte que celle-ci condense à son tour : signe d'une ascendance très violente et d'un développement rapide en cours. La virga désigne des traînées de pluie ou de neige qui pendent sous un nuage et s'évaporent avant le sol. Cette évaporation refroidit l'air, qui devient lourd et plonge : sous une virga, on trouve de la descendance et des rafales. Le fractus, enfin, est un lambeau déchiqueté, souvent sous la base d'un nuage de pluie ou dans une vallée humide ; il signale de l'air saturé très bas.

P.6Le cumulonimbus et ses signes#

Le cumulonimbus n'est pas un gros cumulus : c'est une machine qui monte jusqu'à la tropopause, vers 10 à 12 km en été, et qui fabrique à la fois de violentes ascendances, de violentes descendances, de la foudre et de la grêle. Le chapitre 9 en détaille les dangers ; ici, l'objectif est de le reconnaître, y compris par les signes secondaires qui l'accompagnent (fig. P.8).

Cumulonimbus en coupe se déplaçant vers la droite. Une large tour monte d'une base plate vers 2 km jusqu'à une enclume étalée vers la droite, avec un sommet en dôme qui dépasse. Sous l'enclume, une rangée de poches pendantes (mamma) et, plus loin, des traînées en tirets qui n'atteignent pas le sol (virga). Sous la partie gauche de la base, un rideau de pluie et de grêle avec une flèche bleue de descendance. Sous la partie droite, deux flèches orange d'aspiration montent vers la base. À l'avant, un bourrelet gris incliné (arcus) prolonge la base, et des flèches bleues en tirets filent au ras du sol vers la droite (rafales). À gauche, un petit congestus voisin est coiffé d'un pileus en forme de lentille.
Fig. P.8 — Les signes d'un cumulonimbus. L'enclume s'étire dans le sens du vent d'altitude ; les rafales partent du rideau de pluie et filent loin devant, sous l'arcus. La zone d'aspiration sous la base est un piège pour le parapente.

L'enclume est la partie haute, faite de glace, aplatie contre la tropopause et étirée par le vent d'altitude. Elle peut s'étendre à des dizaines de kilomètres en avant de l'orage. Le sommet en dôme qui la perce trahit une ascendance si forte qu'elle dépasse son niveau d'équilibre. Les mamma, poches arrondies qui pendent sous l'enclume, accompagnent les orages mûrs et une forte turbulence. L'arcus est un bourrelet sombre, horizontal, en avant et sous la base : il marque le front de rafales, l'air froid qui s'écoule de l'orage et soulève l'air chaud devant lui. Quand on le voit arriver, le vent va tourner et forcir en quelques minutes.

En vol

Sous un congestus qui devient cumulonimbus, l'ascendance s'élargit et se renforce (5 à 10 m/s, parfois plus) au point de dépasser le taux de chute d'une voile aux grandes oreilles accélérée : c'est l'aspiration. Le seul remède est l'anticipation : quitter la zone quand le nuage « explose » encore, pas quand on est déjà sous sa base. Et poser loin devant le front de rafales, qui peut balayer un atterrissage à plusieurs kilomètres de l'orage, avec un vent qui tourne et dépasse les 50 à 80 km/h.

Réflexe rando

Une enclume qui s'étale au-dessus de votre itinéraire, un premier grondement, un vent froid qui se lève soudain : descendez des crêtes et des sommets sans attendre la pluie. La foudre peut frapper à plus de 10 km de l'orage, et les premières gouttes arrivent souvent après le premier éclair.

P.7Les nuages que fabrique le relief#

Une montagne oblige l'air à monter. S'il est assez humide, il condense sur le versant exposé au vent ou au-dessus du sommet, et s'évapore en redescendant de l'autre côté. Ces nuages orographiques restent accrochés au relief pendant que le vent les traverse : ils semblent immobiles alors qu'ils se renouvellent sans cesse. C'est leur signature (fig. P.9).

Coupe d'un relief avec un vent soufflant de gauche à droite, figuré par des lignes de courant grises. À gauche, un pic pointu porte, sur son flanc droit sous le vent, un nuage étiré en drapeau (nuage en bannière). Au centre, le sommet principal est coiffé d'un nuage de chapeau qui déborde et descend un peu sur le versant sous le vent. En aval, les lignes de courant ondulent : des lenticulaires empilées en assiettes se trouvent aux crêtes de l'onde, et plus bas, près du sol, un lambeau de nuage surmonte une flèche circulaire tournant dans le sens horaire, légendée « rotor : turbulence forte ».
Fig. P.9 — Nuages orographiques. Tous trahissent un vent qui franchit le relief. Les lenticulaires et le rotor indiquent une onde : forte turbulence près du relief sous le vent, même si le ciel est par ailleurs dégagé.

Le nuage de chapeau coiffe un sommet ou une crête. Vu du côté sous le vent, il semble couler sur le versant comme une cascade qui s'évapore : c'est le « mur de foehn » quand le flux est fort et durable (chapitre 6). Il signifie qu'un vent appréciable passe sur le sommet et que l'air est humide en altitude. Un dicton répandu dans les vallées veut que la montagne qui « met son chapeau » annonce le mauvais temps : c'est souvent vrai, parce que l'humidité et le vent d'altitude précèdent les perturbations.

Le nuage en bannière flotte comme un drapeau sous le vent d'un pic isolé et pointu. L'air, aspiré dans le tourbillon qui se forme à l'abri du sommet, y remonte et condense. Il signale un vent fort sur le sommet.

Les lenticulaires (altocumulus lenticularis) sont des lentilles ou des soucoupes lisses, aux bords nets, parfois empilées comme des assiettes. Elles se forment aux crêtes d'une onde : l'air, après avoir franchi le relief, oscille verticalement sur des dizaines de kilomètres. Elles exigent un vent soutenu, généralement plus de 30 à 40 km/h à hauteur des crêtes et perpendiculaire au relief, et une couche stable en altitude. Elles restent en place malgré le vent fort : c'est à cela qu'on les reconnaît.

Le rotor est un tourbillon à axe horizontal, sous le vent du relief, sous la première crête de l'onde. Parfois marqué par un nuage déchiqueté et bouillonnant, il est souvent invisible. Au sol, sous le rotor, le vent peut souffler à l'envers, vers la montagne.

En vol

Lenticulaires au-dessus du massif : pas de vol, sans débat, même si le vent est calme au déco. Le calme du déco est parfois celui d'une vallée abritée sous un écoulement violent, et le rotor attend au-dessus. Un nuage de chapeau ou une bannière sur les sommets disent la même chose en plus petit : le vent en altitude est déjà fort.

Réflexe rando

Sous des lenticulaires, l'arête et le col seront ventés, souvent en rafales, avec un refroidissement éolien sévère. Le sentier en forêt reste possible ; la course de crête, non.

Mer de nuages et nuage accroché

Deux situations donnent des sommets dans le gris ou dans le soleil pour des raisons opposées (fig. P.10).

La mer de nuages est une nappe de stratus ou de stratocumulus emprisonnée sous une inversion, typique des anticyclones d'automne et d'hiver. Son sommet est plat comme un lac, souvent entre 1 000 et 2 000 m. Au-dessus, l'air est sec, lumineux, et souvent plus doux qu'en bas ; dessous, il fait gris, froid et humide toute la journée.

Le nuage accroché naît quand un flux d'air humide est poussé contre une pente : l'air monte, se refroidit et condense sur le versant au vent, souvent bien plus bas que la base des cumulus du jour. Le versant opposé, sous le vent, reste dégagé : c'est le même mécanisme que le foehn.

Deux panneaux. À gauche, mer de nuages : une nappe grise à sommet plat remplit les vallées jusqu'à une ligne rouge en tirets marquée « inversion » ; des sommets émergent au soleil et un randonneur se tient sur l'un d'eux ; mentions « au-dessus : soleil, air sec » et « dessous : gris, frais, humide ». À droite, nuage accroché : des flèches bleues poussent de l'air humide contre un versant ; une couche nuageuse épouse ce versant jusqu'au sommet, un randonneur marche dedans ; le versant opposé est dégagé.
Fig. P.10 — Deux plafonds bas qui n'ont rien à voir. La mer de nuages est plate et stable : on en sort par le haut. Le nuage accroché épouse le versant au vent : on en sort en changeant de versant.

Piège

Décoller au-dessus d'une mer de nuages, c'est voler vers un atterrissage invisible. La nappe peut aussi se refermer pendant le vol sur la trouée par laquelle on comptait descendre. Sans terrain dégagé et connu au-dessus de la nappe, on ne décolle pas.

Réflexe rando

Un matin gris en vallée sous un anticyclone n'est pas un matin de mauvais temps : montez, le soleil est peut-être 500 m plus haut. À l'inverse, dans un nuage accroché, l'orientation devient difficile sur les crêtes larges et les plateaux : trace GPS chargée, carte en poche, et attention au versant au vent qui reste bouché toute la journée.

P.8Lire un ciel qui évolue#

Un nuage isolé est une photo ; la météo est un film. Ce qui décide d'une journée, c'est la tendance : le ciel s'améliore-t-il, se maintient-il, se dégrade-t-il ? Deux scénarios reviennent sans cesse en montagne.

La matinée qui tourne à l'orage

Le scénario d'été le plus fréquent dans les Alpes est l'orage de masse d'air : pas de front, pas de perturbation sur la carte, juste un air chaud et instable que le soleil déclenche (fig. P.11). Vers 9 h, de petits humilis apparaissent sur les reliefs les mieux exposés. Vers 11 h, ce sont des mediocris bien formés. Si, avant midi, certains grandissent nettement plus vite qu'ils ne s'élargissent — tours, sommets en chou-fleur, pileus —, la suite est souvent rapide : congestus, sommet qui se lisse, enclume, premiers grondements en début d'après-midi.

Cinq vignettes de la même montagne à des heures différentes : 9 h, petit cumulus humilis ; 11 h, mediocris ; 12 h 30, congestus en tour ; 14 h, cumulonimbus au sommet lisse et arrondi ; 15 h 30, cumulonimbus avec enclume, pluie et éclair. Une ligne rouge verticale en tirets sépare 12 h 30 et 14 h, avec la mention « au sol, hors crêtes ».
Fig. P.11 — Une matinée qui tourne à l'orage. La décision se prend au stade du congestus, pas à celui du cumulonimbus : entre les deux, il peut s'écouler moins d'une heure.

Le rythme varie avec la masse d'air, mais la règle est constante : c'est la vitesse de développement qui compte, pas la taille. Des cumulus qui grossissent régulièrement toute la journée sans s'élancer sont rassurants ; un seul qui jaillit avant midi, et il faut revoir ses plans.

Le ciel qui se voile

L'autre scénario est l'arrivée d'une perturbation par l'ouest (fig. P.12). Le premier signe est souvent un beau ciel parcouru de cirrus, qui arrivent de l'ouest et se multiplient. Puis le ciel blanchit en voile de cirrostratus, avec un halo. Puis l'altostratus grise le soleil et efface les ombres. Enfin le nimbostratus s'installe avec la pluie continue. Entre le premier cirrus et le passage du front chaud au sol, comptez typiquement un jour à un jour et demi, parfois moins quand la perturbation est rapide ; la pluie commence souvent quelques heures avant.

Coupe d'un front chaud. Une surface frontale rouge part du sol à gauche et monte doucement vers la droite ; dessous, l'air froid ; dessus, l'air chaud, avec une flèche orange qui monte le long de la pente. Des nuages s'étagent au-dessus de la surface : nimbostratus gris et pluie à gauche près du sol, puis altostratus, puis cirrostratus, puis cirrus tout à droite et en haut. Une flèche indique que le front avance vers la droite. Sous le sol, une frise donne le délai avant le passage du front au sol : pluie, front dans 4 à 12 h, 12 à 24 h, 24 à 36 h.
Fig. P.12 — Un ciel qui se voile. L'observateur placé à droite voit défiler, dans l'ordre, les nuages de plus en plus bas et épais qui s'étagent sur la surface frontale : cirrus, cirrostratus, altostratus, puis nimbostratus. La frise du bas donne le délai avant le passage du front au sol ; la pluie commence quelques heures avant lui. La pente est fortement exagérée.

Réflexe rando

Cirrus qui envahissent depuis l'ouest l'après-midi : c'est demain ou dans trois jours. Halo le soir : la grande course du lendemain risque de se terminer sous la pluie. Altostratus le matin : prévoyez l'itinéraire de repli tout de suite.

P.9Du nuage à la décision#

La fig. P.13 et le tableau qui suit résument ce prélude. Les symboles ne remplacent pas la prévision : ils indiquent ce que chaque nuage ajoute à votre décision quand vous le voyez de vos yeux, au déco ou au départ du sentier.

Tableau illustré de dix lignes, avec une vignette de nuage, son nom, puis un symbole pour le déco et un pour le sentier. Rond plein : on y va ; triangle avec point d'exclamation : vigilance ; croix : on renonce. Cumulus humilis et mediocris : rond et rond. Congestus avant midi : triangle et triangle. Cumulonimbus : croix et croix. Altocumulus castellanus le matin : triangle et triangle. Lenticulaires : croix pour le déco, triangle pour le sentier. Voile de cirrus qui épaissit : triangle et rond. Altostratus ou nimbostratus : croix et triangle. Stratocumulus étalé : triangle et rond. Mer de nuages ou stratus : triangle et triangle.
Fig. P.13 — Du nuage à la décision, au premier coup d'œil. Le triangle veut presque toujours dire la même chose : partir tôt, garder une marge, fixer une heure de demi-tour.
Ce que vous voyezAu décoSur le sentier
Cumulus humilisThermiques souvent faibles, plafond bas.Rien à craindre.
Cumulus mediocris, bien formésBelle journée : visez les nuages qui naissent.Beau temps ; surveiller l'évolution l'après-midi.
Congestus avant midiVoler tôt, poser avant 13–14 h, rester près des atterros.Sommet le matin, crêtes quittées avant midi.
Cumulonimbus, enclume, arcusAu sol, loin devant le front de rafales.Descendre des crêtes, s'éloigner des points hauts.
Altocumulus castellanus ou floccus le matinOrages probables : vol court et matinal.Départ très tôt, demi-tour fixé.
Lenticulaires, chapeau, bannièreVent fort en altitude, rotors : pas de vol.Crêtes et cols ventés, froid ressenti.
Cirrus qui envahissent, haloThermiques qui faiblissent plus tôt.Fenêtre qui se ferme : front sous 24 à 36 h, pluie quelques heures avant.
Altostratus, nimbostratusPas de thermique ; pluie proche ou en cours.Itinéraire court, abrité, de repli.
Stratocumulus qui ferme le cielJournée qui s'éteint : rester près des atterros.Gris mais sans danger particulier.
Mer de nuages, stratus de valléeAtterro invisible : décoller seulement au-dessus d'un terrain dégagé.Soleil possible plus haut ; orientation dans la nappe.

P.10Exercices#

À vous — Le ciel de 7 h 30

Fin juillet, au parking d'un départ de randonnée à 1 400 m, vers 7 h 30. Ciel bleu sur la vallée ; au-dessus des sommets, un banc d'altocumulus dont plusieurs éléments portent de petites tourelles. La prévision annonçait « beau temps, quelques orages isolés en fin de journée ». Vous aviez prévu une boucle de 8 heures par une longue arête, et votre ami pilote un vol en fin de matinée. Que changez-vous ?

Voir la réponse

Le castellanus montre que l'instabilité est déjà présente en altitude : les orages risquent d'être plus précoces et plus nombreux que « isolés en fin de journée ». Pour la randonnée : raccourcir la boucle ou l'inverser pour passer l'arête tôt, fixer un demi-tour vers 11 h et ne plus être sur la crête à midi. Pour le vol : décoller dès que les thermiques le permettent, rester près des atterrissages, se poser dès les premiers congestus.

À vous — Calme au déco, lentilles au-dessus

Au décollage, la manche à air pend presque, il fait grand beau. Au-dessus du massif voisin, trois lentilles lisses et empilées ne bougent pas depuis une demi-heure. Un pilote vous dit : « Il n'y a pas de vent, on y va. » Qu'en pensez-vous ?

Voir la réponse

Des lenticulaires immobiles indiquent un vent fort en altitude franchissant le relief et une onde installée. Le calme du déco peut être celui d'un abri ou d'un creux entre deux bouffées de rotor. Le risque est de rencontrer, quelques centaines de mètres plus haut ou en sortant de l'abri, un vent fort et une turbulence violente. On ne décolle pas.

À vous — Quel cumulus viser ?

En vol à 13 h, vous cherchez votre prochain thermique. Devant vous : à 2 km, un grand cumulus blanc, aux bords un peu flous et à la base grise et diffuse ; à 3 km, un petit cumulus tout neuf, aux contours durs et à la base sombre. Lequel choisissez-vous, et pourquoi ?

Voir la réponse

Le petit, plus loin. Le grand nuage a des bords flous et une base diffuse : il est en fin de vie et son thermique a sans doute cessé ; on risque même d'y trouver de la descendance. Le petit nuage aux contours nets est en train de naître : il est alimenté par un thermique actif. Sous un cumulus naissant, cherchez l'ascendance un peu au vent de la base.

À vous — Le halo du soir

Vous dînez au refuge. Il a fait grand beau, mais depuis 17 h le ciel blanchit depuis l'ouest et un halo entoure maintenant la lune. Demain, vous prévoyez une course de 10 heures. Comment lisez-vous ce ciel ?

Voir la réponse

Cirrus puis cirrostratus avec halo, arrivant de l'ouest : c'est la séquence d'approche d'un front chaud. Le front peut passer dans 12 à 24 heures, et la pluie le précède souvent de quelques heures : elle peut donc commencer dès demain matin. Vérifiez la prévision, et envisagez de partir très tôt sur un objectif plus court, ou de reporter la grande course.

P.11Mémo et lexique#

Ordres de grandeur du prélude

Étage bas (aux latitudes moyennes)sol – 2 km
Étage moyen2 – 7 km
Étage haut (glace)5 – 13 km
Tropopause en été, sommet des Cb≈ 11 – 12 km
Durée de vie d'un cumulus de beau temps≈ 15 – 30 min
Écart entre deux rues de nuages≈ 2 à 3 × l'épaisseur convective
Halo du cirrostratus≈ 22° de rayon
Premiers cirrus → passage d'un front chaud au sol≈ 24 – 36 h (pluie quelques heures avant)
Congestus → cumulonimbusparfois moins d'une heure
Vent pour des lenticulaires> 30 – 40 km/h aux crêtes
Sommet d'une mer de nuagessouvent 1 000 – 2 000 m
Arcus
Bourrelet nuageux horizontal à l'avant et sous la base d'un cumulonimbus ; marque le front de rafales.
Castellanus
Espèce de nuage (surtout altocumulus) portant des tourelles ; signe d'instabilité en altitude.
Niveau de condensation
Altitude où l'air qui monte atteint la saturation ; c'est la base plate des cumulus (chapitre 1).
Congestus
Cumulus nettement plus haut que large, en tour, au sommet en chou-fleur.
Enclume
Sommet étalé et fibreux d'un cumulonimbus, fait de glace, aplati sous la tropopause.
Fractus
Lambeau de nuage déchiqueté, souvent sous un nuage de pluie ou dans une vallée humide.
Halo
Anneau lumineux d'environ 22° autour du soleil ou de la lune, dû aux cristaux d'un cirrostratus.
Lenticulaire
Nuage lisse en lentille, immobile malgré le vent, formé aux crêtes d'une onde de relief.
Mamma
Poches arrondies pendant sous une enclume ou une base de nuage ; turbulence associée.
Mer de nuages
Nappe de nuages bas à sommet plat, emprisonnée sous une inversion, d'où émergent les sommets.
Orographique
Se dit d'un nuage fabriqué par le relief qui force l'air à monter.
Pileus
Capuchon lisse au-dessus d'une tour bourgeonnante ; signe d'ascendance très rapide.
Rotor
Tourbillon à axe horizontal sous le vent d'un relief, sous une onde ; turbulence forte.
Rue de nuages
Alignement de cumulus parallèle au vent, sous lequel l'ascendance est presque continue.
Virga
Traînées de précipitations qui s'évaporent avant d'atteindre le sol ; descendances et rafales dessous.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois clés suffisent à nommer un nuage : l'étage (préfixe), la forme (en tas = instable, en nappe = stable), la pluie (nimbo-, -nimbus).
  • Les nuages de glace (cirro-) ne sont pas dangereux mais annoncent : cirrus qui envahissent, halo, puis altostratus = une perturbation arrive.
  • Le cumulus est la partie visible d'un thermique ; sa base plate marque le niveau de condensation, sa forme mesure l'énergie du jour.
  • Un congestus avant midi, un castellanus le matin : orages probables, on vole et on marche tôt.
  • Lenticulaires, chapeau, bannière : vent fort en altitude, ondes et rotors ; pas de vol.
  • Mer de nuages et nuage accroché n'ont rien à voir : l'une est sous une inversion, l'autre sur un versant au vent.
  • Ce qui compte n'est pas le nuage mais son évolution : regardez le ciel toutes les demi-heures.

Fin du prélude · Le chapitre 1 explique pourquoi l'air monte, pourquoi il condense, et où il s'arrête.